Actualités
Recherche par mots clés :                
Orphée Market
ISBN : 2915695296
86 pages

12 €

Orphée Market


Douze fragments regroupés en quatre temps : ainsi se présente ce texte-ovni théâtral en forme de puzzle, sorte de paysage mythologique (qui convoque Oedipe, Roméo, Abel, Majnoun, Tristan et d'autres, en une sorte de carrefour de cultures) appuyé sur une obsession des "voix" qui se réinventent, "réveillent les morts", "retissent la trame déchirée du monde", et renvoient aux grandes questions métaphysiques, non sans un soupçon de plaisanterie ("un théâtre où on ne rit pas est un théâtre dont on doit rire", disait Brecht, je cite de mémoire). Ainsi, le mythe est à la fois célébré et tourné en dérision. Célébration : "il faut qu"il y ait un avenir" dit Pseudo-Eurydice. "Il n’y en a pas pour ceux qui se retournent" répond Pseudo-Orphée. Dérision : "Tu vas me la gazouiller ta chanson de l’Hadès", et ainsi "le pipeau du poète" se trouve dénoncé.
D’où vient Orphée ? De quelque enfer moderne, asile, maison de retraite, orphelinat, ou studio de télévision... Quant au "Chœur des morts", son récit est souvent en forme de didascalies poétiques, il bavarde et glose, interrogeant notre surdité, mettant en doute la parole - le délire ? - de Caddy Hasch (kaddish, prière des morts...) qui prétend que ces deux là sont Orphée et Eurydice (mais rien ne prouve la véracité de ses dires) et qui tâche d’élucider le mystère : pourquoi Orphée s’est-il retourné ? Pourquoi a-t-il été dépecé par les ménades ? Est-il comme le grain qui doit mourir pour porter semence ?
Michel Azama.